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← articles plus anciens 12 avril 2018 frédérick sigrist est (vraiment) un mec drôle tweet l’humoriste revient sur la scène du théâtre le funambule à paris dans « tout le monde croit que je suis un mec bien » . un nouveau spectacle qui confirme son talent d’observateur satirique. frédérick sigrist dans « tout le monde croit que je suis un mec bien » (crédit : fabienne rappeneau) on avait laissé frédérick sigrist en plein examen de conscience politique, accablé face à la saga de la campagne présidentielle, on le retrouve sur le divan, pour une salutaire introspection. après son très bon « manuel de survie dans l’isoloir » , l’humoriste revient avec un nouveau spectacle en forme de thérapie collective. a son psy imaginaire, le comédien, d’origine antillaise par son père et lorraine par sa mère, confesse : « tout le monde croit que je suis un type bien » . derrière ce titre en forme de bilan, le tout juste quadragénaire s’emploie à démontrer avec talent et drôlerie que l’on vit rarement en respectant toutes ses convictions et ses principes. agrémenté de très bonnes illustrations caustiques du dessinateur de presse bauer projetées sur grand écran, son seul en scène séduit par sa sincérité, sa lucidité et par le regard incisif porté sur notre époque. en confiant ses contradictions de mari, d’écologiste et de féministe, en ne cachant rien de ses interrogations sur l’éducation de ses enfants et sur son positionnement politique, frédérick sigrist parle de nous et de nos difficultés à mettre nos actes en adéquation avec nos discours. plume riche et incisive d’une présence généreuse, l’humoriste s’épanche sans temps mort sur tout ce qui le contrarie, l’énerve ou l’insupporte dans un autoportrait sans concession. c’est un agitateur d’idées, à la plume riche et incisive, qui passe en revue ses petites et grandes faiblesses et ses indignations d’homme et de citoyen. le rire se fait complice et savoureux lorsqu’il évoque toutes ses tentatives de se mettre au sport, d’être un père exemplaire, de rester un électeur sûr de son choix avant de s’apercevoir que, dans beaucoup de domaines, il faut éviter de mettre la barre trop haut. « ça me fait du bien de vous parler » , dit-il avec malice. et nous, ça nous fait du bien de l’entendre. parce qu’on ne s’ennuie jamais avec frédérick sigrist et qu’on est comme lui, un peu paumé et dérouté par ce monde au bord de l’explosion climatique et où un homme au prénom cartoonesque de donald dirige la première puissance mondiale. c’est piquant, pertinent mais aussi très politique. car frédérick sigrist ne cache pas ses convictions de gauche, bien malmenées sous l’ère hollandaise. aujourd’hui, les socialistes sont comme des zombies et macron a un boulevard. « on a un président qui ne supporte pas les inégalités… surtout chez les pauvres » , tacle-t-il en faisant référence au conflit des cheminots. « il faut appeler un porc, un porc » également chroniqueur chaque mardi sur france inter , dans l’émission la bande originale animée par nagui, frédérick sigrist, malgré un indéniable talent d’observateur satirique, est moins médiatisé que certains de ses confrères. il n’a ni la vanne facile ni la méchanceté gratuite, et ne cherche pas à être consensuel. que ce soit pour évoquer la religion ou s’interroger sur la montée du capitalisme décomplexé, que ce soit pour pointer toutes les peurs qui nous affligent (le cyberharcèlement, les perturbateurs endocriniens, le danger des ondes, etc) ou pour applaudir au hashtag balance ton porc – car « il faut appeler un porc, un porc » – il ne prend fort heureusement pas de gants. si, comme l’humoriste l’annonce, « il vous est arrivé de vous opposer à la réforme du code du travail mais de rentrer chez vous en uber, de dénoncer la mondialisation avec des nike aux pieds et un iphone à la main, de réclamer le droit à la vie privée en postant des photos de vos enfants sur facebook, d’être prêt à faire la révolution mais après la dernière saison de game of thrones » , ce spectacle est effectivement fait pour…nous tous ! sandrine blanchard « tout le monde croit que je suis un mec bien », de et par frédérick sigrist, du mercredi au samedi à 19h30, le dimanche à 17h30, jusqu’au 17 juin, au théâtre le funambule , 53, rue des saules, 75018 paris. tel : 01 42 23 88 83. durée : 1h30. tarifs: de 11 à 29 euros. tweet publié dans actualité , culture , humour | marqué avec frédérick sigrist , théâtre le funambule , tout le monde croit que je suis un mec bien | un commentaire 16 février 2018 humour : roman frayssinet, figure prometteuse du stand-up tweet le jeune français roman frayssinet, formé à l’école nationale de l’humour de montréal, fait ses premiers pas à paris, sur le plateau de la nouvelle seine. (crédit : laura gilli) singulier roman frayssinet. partout où passe ce jeune humoriste, qui aime utiliser l’absurde comme « un moyen d’aborder des idées avec humilité » , il ne laisse personne indifférent. lundi 29 janvier, par exemple, lors d’un plateau réunissant plusieurs stand-uppers au théâtre du rond-point à paris, sa prestation pleine d’esprit sur les robots et l’intelligence artificielle a été l’une des plus remarquées. ce garçon du val-de-marne, qui navigue depuis plusieurs années entre le québec et la france, ne cherche ni à offusquer, ni à se moquer (sauf de lui-même). son « délire » , c’est l’introspection. il constate un tel décalage entre le monde extérieur et son ressenti, qu’il se demande s’il est fou et fuit l’angoisse du réel en se faisant des scénarios dans sa tête. lui le myope se demande « comment être sûr de ce qu’on reçoit alors qu’on est même pas sûr de ce qu’on voit ? » les rires du public sont là pour le rassurer et attester qu’il n’est pas le seul à se sentir un peu paumé et que si folie il y a, elle ne vient pas de lui mais du monde qui nous entoure. etonnante maturité blouson noir et jean déchiré, cheveux courts tantôt peroxydés tantôt bruns, suivant son humeur, roman frayssinet a des faux air de xavier dolan, parle vite, sans trébucher sur les mots, ne tient en place ni ses jambes ni ses mains, comme s’il était à la fois dans l’urgence et dans l’incertitude. ses thématiques décalées (la théorie des contraires, l’organisation du temps), ses élucubrations nées de sa passion pour les documentaires animaliers, ses interrogations existentielles (pourquoi prend-t-on autant de plaisir à simuler la guerre ? va-t-on aussi inventer la stupidité artificielle ?) sa nostalgie de l’enfance qu’il tente de sauvegarder en vivant « dans l’imagination » , font son originalité et témoignent d’une étonnante maturité. roman frayssinet est tout autant foutraque que spirituel, passe du coq à l’âne (à tel point qu’on le perd parfois) parce que ça bouillonne dans sa tête : « des fois des idées viennent sans que l’on maîtrise ce que l’on pense » . comme le résume l’humoriste kyan khojandi : « il a un humour un peu lunaire, complètement unique. c’est-à-dire que vous n’avez jamais entendu ses vannes avant ». d’un défi à l’autre dans un café du quartier bastille, où il a donné rendez-vous, le jeune humoriste garde les pieds sur terre : « je suis encore en apprentissage, mon objectif actuellement est d’acquérir une notoriété “saine”» , c’est-à-dire construite pas à pas. ses premières armes, il les a faites au québec. adolescent, fan du spectacle « l’autre c’est moi » de gad elmaleh, il dit à son père qu’il veut devenir humoriste « pour parler aux gens ». sa chance est d’avoir une tante qui vit à montréal. il va y passer plusieurs étés, fait la petite main sur le renommé festival juste pour rire et découvre que l’humour est une vraie industrie. bac en poche, il repart outre-atlantique et intègre, en 2013, l’école nationale de l’humour à montréal. « là-bas, on me dit enfin que ma passion est quelque de chose de sérieux, et que si je m’en donne les moyens, je peux y arriver » . pendant deux ans il travaille « à 100% » et se fixe le premier d’une longue liste de défis : avoir écrit un spectacle à l’issue de ses études. ce